La Vierge à l’Enfant | CB Philo et Lettres

Histoire

En 1696, Jean Del cour est appelé à décorer Vinâve d’Île, un îlot au cœur de Liège dessiné par par les bras de La Meuse. La vierge à l’enfant remplace ainsi une fontaine soutenant un perron de pierre qui se tenait là au moins depuis 1584 et était endommagé depuis 1659. La vierge dit La Vierge Del Cour était alors encore surnommée « le perron de Vînave d’Ile ». 

Elle arbore une belle couleur dorée dû à sa fabrication en bronze et tourne le dos à la cathédrale. Elle se tient à cette époque au pied de la rue pont d’Avroy, sur la place cathédrale. Son drapée, typique de Del Cour et de l’époque baroque, en fait une œuvre exceptionnelle. Elle sera déplacée en 1854 lors de l’aménagement d’une liaison direct entre pont d’Avroy et la rue cathédrale. Elle devient alors un rond-point avant que vinave ne devienne un piétonnier en 1976. Sur le panneau de bronze qui orne le socle de la statue, la ville de Liège est symbolisée par La Religion qui tient le perron et que couronne un angelot.

Elle manquera par deux fois de terminer dans les fonderies. Dès 1794, sous l’occupation française, le groupe statuaire de la fontaine est menacé d’être fondu pour servir à la fabrication de canons. La « femme Marie » et les quatre lions échappent à ce triste sort grâce aux protestations de la municipalité et des citoyens. La fontaine est sauvée, mais mal entretenue, elle aborde le XIXe siècle dans un état de délabrement préoccupant. Durant la seconde guerre mondiale, elle sera emmurée avec Li Torè dans les caves des beaux-arts, et ne terminera ainsi pas dans les mains des allemands.

Elle sera rénovée en 2015 par la ville à hauteur de 222 000€.

La vierge et les étudiants

Il est à noter que le pavement utilisé à son pied, par un heureux hasard, forme le soleil du CB philo. D’après la légende, ce serait parce que la statue porte en fait un toge du CB Philo et Lettres.

Une tradition étudiante s’est construite autour de cette vierge : Les étudiants de retour de guindaille prient la vierge de les protéger afin qu’ils rentrent chez eux sains et saufs. La bénédiction se fait par le chant appelé « Mareye Clap’ sabot ». Le défilé de la Saint-Nicolas se terminait à l’origine traditionnellement par cette chanson au pied de la statue.

Source(s)

  •  Fernand Piérot, Liège aux 100 visages, 1987.
  • Hilarion Noël Villenfagne d’Ingihoul, Mélanges de littérature et d’histoire ,  Liège, 1788, Desoer
  • Claude WARZEE, Place de la cathédrale, WordPress, consulté le 19/10/2019
  • Gérard Michel, Fontaine de la Vierge, dessin, 2017
Matériaux Bronze
Date 1696
Artiste Jean Del Cour

 

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