L'Ordre du Torè, qui tire son nom de la statue éponyme, rassemble des étudiants de l'Université de Liège mais s'est également ouvert aux hautes écoles de la cité ardente.

L'Histoire de l'Ordre

Le très vénérable Ordre du Torè fut fondé le 21 février 1921 par des membres de l’Union Royale des Étudiants Catholiques de Liège (1873). Cependant, avant 1914, les maîtres baptiseurs de l’Union portaient déjà le titre de Grands-Maîtres des Pompes, et présidaient des festivités analogues.

Ce fut l’installation du local de l’Union en la rue Léon Mignon qui détermina le choix définitif du nom de l’Ordre. Sous l’impulsion de son ancien Grand-Maître Emmanuel Bronne, qui fut également l’auteur de son chant corporatif, l’Ordre du Torè devint, dès 1935, la distinction officielle de l’Union, et le demeura jusqu’en octobre 1969.

Il faut savoir qu'à l'origine, les femmes n'étaient pas acceptées à l'Université. L'Ordre était donc de facto strictement masculin, particularité qu'il a gardé aujourd'hui. À cette époque troublée, l’élection de la seule et unique présidente que l'Union ne connut jamais décida l’Ordre à reprendre sa liberté et, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, il résolut d’en laisser témoignage en changeant ses couleurs (autrefois rouge et jaune, comme la Cité de Liège).

Durant un peu plus de dix ans, l’Ordre vécut de plus en plus discrètement et négligea les relations inter-universitaires; mais à aucun moment il ne fut juridiquement interrompu.

Sous la présidence de Michel Franckson, auquel venait d’échoir le Grand-Magistère, l’Ordre du Torè réintégra l’Union le 11 janvier 1980, et ne cessa depuis lors de prospérer.

L'Ordre du Torè a œuvré avec l'Ordre du Grand Séminaire afin de donner à la calotte liégeoise un nouvel essor en participant à la création du Cercle de l'Émeraude. La calotte liégeoise a désormais de nouveaux représentants chaque année.

L'Ordre du Torè, aujourd'hui branche principale de l'Union Royale des Étudiants catholiques de Liège, fête régulièrement l'anniversaire de l'Union, plus vieille association estudiantine de Belgique encore en activité, en plus du sien.

Attributs

La devise de l'Ordre est la suivant:

"Sit Ut Est, Aut Non Sit !"
(Qu'il soit ainsi ou qu'il ne soit pas !)

Le symbole de l'ordre est bien entendu le Torè mais également la croix pattée chargée du blason de Liège. Cela vient de l'idéal chevaleresque de l'Ordre. Les membres de l'Ordre portent cet attribut sur leur cape de cérémonie. Ils portent également plusieurs médailles:

  • Une croix émaillée à huit pointes pommelées dont les branches sont de sable et le centre d'argent, chargé d'un Torè de sable.
  • Une croix métallique à huit pointes pommelées d'or et dont au centre est inscrit "Ordre du Torè". C'est en fait la croix historique de l'Ordre avant sa résurrection en 1980.
  • Une bierzipfel ronde avec le blason de l'Ordre au centre. Elle est toujours portée à la ceinture par ses membres et pas seulement en séance. Si un membre de l'Ordre est en défaut et qu'il rencontre un autre membre, il doit à ce dernier une dette d'honneur (bien souvent une bière).
  • Autres médailles internes telles que la médaille du Vaillant (participation au journal interne) ou bien encore celle du Mérite Haurique (capacité à boire un litre de bière en moins de 20 secondes).

Les membres portent également un band noir et blanc dont la disposition varie en fonction du grade.

Couvre-Chef

Le couvre-chef de l'Ordre est la calotte. Cependant, la penne y est tolérée.

Le Grand-Maître, à la tête de l'Ordre, porte une calotte particulière appelée "la Calotte Magistrale" qui orne la tête des Grands-Maître successifs. Celle-ci porte certains attributs particuliers:

  • Huit croisillons représentants les huit facultés présentent à l'Université de Liège lors de la renaissance de l'Ordre en 1980
  • L'insigne du Grand-Maître (couronne, torè et lauriers) ainsi que la croix d'échevin (croix pattée arrondie) en alternance entre les croisillons
  • Une cocarde Belge au sommet
  • Une étoile d'or sur le callot par Grand-Maître de l'Ordre depuis Michel Franckson

 Vous pouvez voir ci-dessous: à gauche une calotte, au centre une penne, à droite la Calotte Magistrale

Structure de l'Ordre du Torè

L'Ordre tire sa nomenclature de la chevalerie. Les grades sont:

  • Grand-Maître (Président de l'Ordre)
  • Bailli Grand-Croix (Ancien Grand-Maître)
  • Bailli
  • Commandeur
  • Chevalier
  • Écuyer (Tyro, impétrant)

Chaque membre, lors de son adoubement, doit créer ses armes (blason héraldique). La structure des armes indique le grade de la personne. Ici se trouve un exemple d'armes de Grand-Maître.

Se trouvent dans les armes: une partie dédiée aux armes de l'Ordre, une partie familiale et une partie personnelle.

En outre, l'Ordre possède en son sein la Cour Souveraine, rassemblant les anciens grands-maîtres et quelques membres particulièrement méritants. Celle-ci s'occupe de la bonne implication des Constitutions et Règlements de l'Ordre du Torè. L'Ordre du Torè est connu pour avoir des statuts particulièrement rigoristes, comportant des milliers d'articles. Les membres peuvent introduire des plaintes folkloriques contre d'autres membres de l'Ordre. La Cour Souverain tient un tribunal appelé "Plaid" où l'accusé vient se défendre face au requérant.

Chant de l'Ordre du Torè

Le chant corporatif de l’Ordre est « Le Torè », composé vers 1932 par le Grand-Maître Emmanuel Bronne sur l’air du chameau. Seuls les premier et troisième couplets sont chantés.

 Installé sur sa terrasse
Absorbant son verre de gris,
Le taureau que rien ne lasse
Garde son air de mépris,
Insensible en apparence
A l'éternelle présence
De son gardien dont l'indécence
Fait se pâmer les nounous
Malgré la température,
Le soleil ou la froidure,
Il n' rougit pas d' sa parure,
Le taureau s'en fout. (Bis)

Toujours il montre du reste
Qu'il a de l'éducation
Car jamais il n' manifeste
La plus petite émotion
Et lorsque les maritornes
Quittent un moment leur air morne
Pour lorgner un peu ses cornes
Il prend un air de dégoût
Qu'il passe une jolie cocotte
Qu'on crie "A bas la calotte"
Et qu'on l' traite de sans-culotte
Le taureau s'en fout (Bis)

Il n'a pas fait de scoutisme
Et ne sait même pas c' que c'est
Mais il connaît le nudisme
Bien avant l' docteur Vachet
Et si parfois il rigole
C'est qu' les bourgeois trouvent ça drôle
Parc' qu'il montre ses épaules
Son anatomie et tout...
Et quand M'sieur Wibo insiste
Pour qu'on habille ce nudiste
Faut pas croire que ça l' rend triste
Le taureau s'en fout (Bis)

Il s'en fout non d'un tonnerre
Je le trouve vraiment beau
Je ne porte pas de cornes je l'espère
Mais j' veux bien être taureau
Promener dans l'existence
Sa magnifique prestance
Et "gléter" de jouissance
Sur les flics et les toutous
Être grand comme Thémistocle
Voir clair sans porter de binocle
Et comme lui sur son socle
Rester au-dessus de tout
Car le taureau s'en fout...
Le taureau s'en fout !

Ban de l'Ordre du Torè

Il s’agit tout simplement du ban liégeois, qui a vu le jour à l’Union en 1926.

A-s' veyou
L'Torè !

Est-i bê ?
Awè !

Kimagne-t-i ?
 Dès prês !

Ki beût-i ?
Dès pèkèts !

Ki fèt-i ?
Dès p'tits vês !

En a-t-i ?
Awè !

È Kimin sont-èlles ?
 Hénaurmes !

La la la la La la la la la . . . (agittant les mains)
La la la  la la la  la lala la la (frapant des mains)

La la la la La la la la la . . . (agittant les mains)
La la la  la la la  la lala la la  Lîdge ! (frapant des mains)

Et co'n fèye po nin l'rouvî,
Allons Lîdge !

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