Signifiant « la roche » en grec, cette colonne est le symbole incontesté de la ville de Liège et de ses habitants. Son origine reste incertaine, toutefois le Perron a eu de multiples fonctions au fil du temps. Dès le XIIIe siècle, on y rend la justice et on y proclame les édits, le Perron représentant alors le pouvoir du prince-évêque de Liège. Au XVe siècle, il est considéré comme « le point-fixe d’un cercle délimitant (…) le territoire hors des murs de la ville». Puis, lorsque les communes acquièrent leur autonomie, ce monument devient le symbole des Libertés liégeoises donnant naissance à d’autres perrons dans toute la principauté de Liège.

En 1467, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, tente de mater les rébellions liégeoises aux travers d’actes politiques et symboliques forts ; l’un d’eux sera le démantèlement et transfert du Perron de la place du Marché à la ville de Bruges, le faisant installer au vu de tous devant la Bourse, « au carrefour commercial des nations européennes ». 1478 est l’année qui voit le retour du Perron liégeois sur ses terres et à sa place initiale ; Marie de Bourgogne l’ayant rendu au peuple victime de son père, décédé un an plus tôt. 

Le Perron aurait été placé sur une fontaine au cours du XIIIe siècle ; cette dernière ayant subi de nombreuses restaurations au fil du temps. La plus marquante est, sans nul doute, celle attribuée à l’artiste liégeois, Jean Del Cour : à la fin du XVIIe siècle, il place au sommet du Perron ses Trois Grâces symbolisant les déesses antiques de la Joie de vivre, de l’Abondance et de la Beauté extrême. Actuellement, c’est une copie qui se trouve au sommet du Perron ; l’œuvre originale se trouvant au musée du Grand Curtius. Tout comme pour « la Violette », plusieurs pommes de pin symbolisant « l’union et l’ouverture du peuple liégeois » se retrouvent sur l’édifice.

 

Source(s)

  • « Perron » article disponible sur le site de la ville de Liège, https://www.liege.be [consulté le 15 octobre 2018].
  • GAFFIOT F., Dictionnaire latin-français,  Nouvelle édition revue et augmentée, dite « Gaffiot 2016 », sous la direction de GRECO G., s.l., 2016, p. 1009.

  • DEMOULIN B., KUPPER J.-L., Histoire de la principauté de Liège : De l’an mille à la Révolution, Toulouse, Editions Privat, 2002, p. 50.

  • GEORGE P., Liège en 100 dates, Tours, Editions Sutton, 2016, p. 43.
  • HARVAUX P., « Huit semaines en enfer » in Il y a 550 ans : La destruction qui a rendu les Liégeois plus forts, Le Vif l’express, n°3409 hebdomadaire du 4 au 10 octobre 2018, p. 50
  • « Hôtel de ville de Liège ‘‘La Violette,, et Perron » article disponible en ligne sur le site Belgique-Wallonie, http://walloniebelgiquetourisme.be [consulté le 15 octobre 2018].

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