Selon la légende, Tchantchès serait né le 25 août 760 entre deux pavés, Djus-d’La Mouse (« au-delà de la Meuse »). L’origine et la signification de son prénom restent discutées : pour le philologue liégeois Maurice Piron, cela viendrait du flamand Jantches (« petit Jean »), prononcé D’jantchès en wallon alors que pour le linguiste liégeois Jean Haust, cela tirerait son origine de Françwès (« François » en wallon).

Alors qu’il avait davantage un rôle de second plan lors des spectacles, ce serait grâce aux réclamations d’un public fidèle composé d’étudiants en médecine de l’Université de Liège, que Tchantchès aurait petit à petit occupé le devant de la scène, devenant aujourd’hui une figure incontournable du folklore liégeois. 

Bon vivant, ennemi de l’injustice, frondeur, Tchantchès est l’incarnation du Liégeois typique. Vêtu d’un sarrau bleu, d’un foulard rouge à pois blancs, d’une casquette noire, d’un pantalon quadrillé et de sabots, il représente l’ouvrier (certains diront le mineur) alors que sa compagne Nanesse (diminutif du prénom « Agnès ») vêtue d’habits populaires, incarnerait une botrèsse (« hotteuse » en wallon liégeois), c’est-à-dire une porteuse de hotte contenant généralement du charbon.

C’est à l’occasion des Fêtes de Wallonie du 27 septembre 1936 que fut érigé le Monument Tchantchès. Fait en bronze, il représente une hiercheuse (ouvrière poussant les berlines dans les charbonnages wallons), allégorie de la Wallonie, brandissant une marionnette de Tchantchès « telle un flambeau de la liberté ».

Source(s)

  • GEORGE P., « Tchantchès voit le jour » in Liège en 100 dates, Tours, Editions Sutton,  2016, p. 11.
  • QUOILIN C., « (R) évolutions techniques » et DELVAUX F., « Théâtre de marionnettes liégeoises » in Guide du visiteur, Musée de la Vie wallonne – Fondation d’utilité publique, Liège, 2011, p.108 ; 322.
  • « Monument Tchantchès » article disponible en ligne sur le site de la ville de Liège, https://www.liege.be [consulté le 10 octobre 2018].

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