Deux fois par an, à la Saint Nicolas et à la Saint Torè, les rues de la Cité Ardente sont envahies de tabliers blancs. Si les Liégeois sont connus pour leur sens de la fête, les étudiants ont beaucoup contribué à cette réputation.

Aujourd'hui, il n'est pas rare de croiser l'un ou l'autre guindailleur muni d'une penne, d'une toge ou d'une cape. Seuls les étudiants baptisés les portent, non sans une certaine fierté. Si l'on peut émettre différents avis à l'égard du baptême étudiant, il peut être intéressant de s'interroger sur l'origine, l'histoire, ou la signification de ces oripeaux.

L'histoire de la toge et du tablier sont intimement liées. Il faut remonter jusqu'aux années 1930. À l'époque, les étudiants de Droit et de Médecine entretenaient une rivalité permanente. Les étudiants de médecine se sont mis à emporter lors de leurs guindailles le symbole de leurs ennemis les juristes : la toge. Ces derniers firent de même, en emportant avec eux l'habit de travail des médecins : le tablier.

Le port de la toge a été officialisé en 1937 par les étudiants de médecine. Les autres facultés ont rapidement suivi, mais ce n'est que dans les années 80 que le port de la toge a été réglementé. Depuis, chaque faculté défend ses propres couleurs. Le noir et le jaune pour les étudiants de Philosophie & Lettres en est un exemple. Les étudiants d'études de type court portent une cape. Le tablier, lui, devenu le symbole de tous les étudiants. Ce n'est toutefois pas le cas partout : à Louvain-la-Neuve, seuls les étudiants baptisés sont autorisés à en porter.

En ce qui concerne la penne, il faut remonter au XIXe Siècle. À l'époque, les études universitaires n'étaient accessibles qu'aux élites, à la bourgeoisie. Pour marquer leur indépendance vis-à-vis de leurs parents, les étudiants se seraient mis à porter une casquette, symbole du prolétaire. Cette casquette était d'abord de couleur vert émeraude, la couleur de l'Université de Liège. Avec le temps, les couleurs se sont diversifiées, et la visière de cette casquette s'est progressivement allongée. Cette casquette s'est ensuite appelée crapuleuse, puis penne (qui signifie visière en wallon), dès 1918.

Mais au delà de ces symboles lourds de sens, le folklore étudiant est indissociable des chansons paillardes et du des traditions liégeoises. Il n'est d'ailleurs pas rare d'entendre aujourd'hui encore l'hymne de la Principauté célébré par des étudiants baptisés, ou soucieux de perpétuer cette tradition centenaire... 

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